Un Cousançois illustre mais méconnu : Louis Lautrey 1864-1915

Si par hasard un jour, vos pas vous conduisent au Panthéon à Paris, vous pourrez découvrir au fond de la nef la plaque souvenir dédiée aux 560 écrivains morts pour la France durant la 1ère guerre mondiale, vous aurez la surprise d’y découvrir le nom d’un Cousançois : Louis Lautrey (1864-1915). A certaines périodes de l’année, vous pouvez également croiser à Cousance son petit-fils, Louis-François Prost-Lautrey, propriétaire de la maison familiale qui accueille la très nombreuse descendance Lautrey !

Mais qui est donc Louis Lautrey dont l’épouse était la petite-fille du député Georges Trouillot et dont la fille unique (que beaucoup de Cousançois ont connue) a épousé le petit-fils du banquier lédonien Camille Prost ? Pour la petite histoire, Georges Trouillot et Camille Prost, dont les noms nous sont familiers puisqu’ils ont chacun leur rue à Lons le Saunier, étaient politiquement plutôt opposés !

Revenons à Louis. Il est né à Cousance le 21 juillet 1864 et après ses études au Lycée de Lons le Saunier, il entre à Saint Cyr et en sort en 1885 avec le titre de sous-lieutenant. Parvenu au grade de capitaine, il démissionne pour revenir vivre auprès de sa famille à Cousance. C’est alors qu’il s’adonne à sa passion, l’écriture. Erudit, à la fois historien, traducteur et poète, maniant aisément l’italien, le latin et le grec classique, il publie plus de dix volumes dont plusieurs ont été couronnés par des Académies savantes. Sa «Vie du Capitaine La Cuson» (1607-1681) constitue aujourd’hui une référence dans le monde des historiens.

Parcourant Cousance et ses environs à pied, lisant et écrivant, Louis Lautrey vit heureux dans sa maison proche de l’église, entouré de son épouse Marie-Louise Tronc et de sa fille unique qu’il adorait, née en 1911, Denise-Henriette : la future Madame Prost-Lautrey dont beaucoup d’entre nous se souviennent.

Cette existence quasi idyllique aurait pu durer longtemps encore. Pourtant Louis, âgé alors de 50 ans en 1914, considère avec une froide résolution qu’il est de son devoir de rejoindre l’armée pour défendre sa patrie.Le 20 août 1914, de Cousance, il écrit ces mots à Emile Monot (Conservateur des Beaux Arts) :
« Mon cher ami, je pars ce soir pour Toul où je suis nommé capitaine au 346 ème régiment d’infanterie. Comme je ne faisais plus partie de l’armée depuis cinq ou six ans, j’ai été obligé de m’engager il y a quinze jours; car il aurait été trop honteux, pour un vieux de la vieille, de voir battre les Prussiens sans moi.»

Hélas, il ne reverra pas Cousance ni les siens car après six mois de campagne, il meurt, le 31 mars 1915 sur le terrible champ de bataille de Bois le Prêtre, au nord de Pont à Mousson. Il tombe, frappé d’une balle, au moment où, à la tête de sa compagnie, il allait à l’assaut d’une tranchée allemande.

Imaginons-le se promenant dans le Cousance d’avant 1914 au travers de ces quelques vers :
«............
Rentrons, car le soir tombe, au village qui fume.
Les feuilles aux fossés pourrissent par monceaux.
Sur le chemin durci résonnent des sabots.
Tout m’accueille d’un air familier et rustique.
Les arbres, les buissons pour moi sont des reliques,
Et ces humbles logis de pierre au vaste toit
Qui couvre bien les gens et les bêtes du froid.
Cela sent le fumier et la potée aux raves;
L’aigre haleine du vin nouveau souffle des caves;
Sur le seuil encombré de poules, mon voisin
Conte d’un ton traînard les fléaux du raisin:
Grêle, pluie et gelée et soleil ont fait rage;
Bah ! le vieux vigneron garde tout son courage:
- Comtois, rends-toi !
- Nenni, ma foi !»

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